Roadtrip en Europe de l’est PARTIE 2

Roadtrip en Europe de l’est PARTIE 2

Chapitre III : L’attrait de la découverte 

        Nous prenons de l’assurance, avant de quitter il lago di garda nous troquons nos douches solaires contre des douches de camping. Il faut dire que l’idée de prendre nos douches dehors, sous la pluie et le vent nous a comme qui dirait refroidi. Nous voilà parti à la découverte du reste du monde !

        De la musique roots dans les oreilles, nous faisons halte à Vérone, ville des amants maudits Roméo & Juliette. Nous prenons le temps de déambuler dans les ruelles de la vieille ville, s’émerveillant devant l’architecture des bâtiments et l’animation qu’offre un groupe de scout organisant un grand jeu dans le quartier. Trouver un emplacement ou dormir le soir prend du temps. Après s’être fait chassé du parking d’une entreprise par les carabinieri et errer un bon moment nous avons enfin trouvé un endroit. Ce sera sur le parking d’une station service entre une table de pique-nique et une caravane de prostituées.

        Le lendemain, nous voilà à Venise avec ses canaux, ses petites ruelles labyrinthiques, ses touristes qui disparaissent à la nuit tombée, sa place San Marco où nous passons la soirée avant d’arpenter ce dédale de rue et impasses à la recherche de notre parking-camping. Les soirées passées tous les sept s’enchaînent mais ne se ressemblent pas, les liens se resserrent, une organisation se met en place concernant la vie quotidienne (installation, rangement, cuisine,…).

        Demain nous partons pour la Slovénie et sa côte adriatique. Premier étonnement sur la côte adriatique, les plages sont bétonnées ou rocailleuses. Pas un grain de sable à l’horizon. Au détour d’une balade dans la ville de Triest (toujours en Italie mais à la frontière avec la Slovénie) nous écoutons les conseils touristiques d’un couple allemand voyageant avec leur camping-car. Ce soir nous prenons la route pour Koper (cette fois nous sommes arrivés en Slovénie), nous dormirons sur un parking face à la mer (que demander de plus !).

        Le lendemain nous profitons de la plage une bonne partie de la journée puis le groupe se sépare, Yann, Fanny et moi allons découvrir des plats typiques dans un petit restaurant de la ville tandis que le reste du groupe a préféré rester sur la plage.  En fin de repas, le patron nous offre un verre de brinjevec (sorte de digestif assez fort à base de plantes). En fin de journée nous prenons la route, direction la Croatie.

        Le lendemain matin, confortablement installés sur une aire d’autoroute, nous avons tous eu une agréable surprise. Accroché au van pendait un sac rempli de pâtisseries. Nous ne savions pas qui les avait accroché là ni pourquoi. Nous sommes allés demander aux serveurs de la cafétéria de la station service mais aucun ne savait… C’était un mystère non résolu mais délicieux ! Puis nous vîmes  arriver Fabian, un touriste allemand sortant d’une rupture avec sa copine croate et souhaitant sympathiser avec nous. Nous sommes donc tous allés sur le bord de mer bétonné non loin de la station service pour profiter des bureks qu’il nous avait offert (ce sont donc des feuilletés au fromage très populaires en Yougoslavie). Les bureks se sont très bien fait accompagner de pastèque, grand soleil et mer turquoise. Que demander de plus au petit déjeuner ? Grâce à Fabian, nous savons enfin où nous nous trouvons, nous sommes dans la ville d’Oško.

        Pour remonter un peu le moral de Fabian, nous lui proposons de venir visiter Plitvička jezera avec nous. C’est un parc naturel parsemé de lacs. Comme à notre habitude maintenant, nous avons pris tout notre temps pour arriver à Plitvička jezera. Si bien que nous étions déjà en fin de journée. Nous avons alors décidé de repousser la visite au lendemain, histoire de profiter de la journée au parc. Nous avons alors cherché un lieu où passer la nuit en ayant bien en tête l’information dont nous avions eu connaissance en préparant ce voyage, à savoir qu’il y a des ours dans la région. C’est donc tout naturellement à l’orée d’une forêt que nous avons monté nos hamacs, en prenant soin d’aller percher notre vaisselle sale du dîner loin du camp et en urinant un peu partout autour du camp (histoire de« marquer » notre territoire ! 😊 )

        Notre journée à Plitvička jezera fut des plus éblouissantes. Ce parc est une succession de lacs, liés les uns aux autres par des cascades et d’une eau si pure que les poissons semblent  se voir à travers une émeraude. Les falaises bordant les lacs sont parées des plus belles végétations qui soient et au milieu de tout cela, il y a ce groupe d’amis et Bernie, parcourant les pontons de bois et profitant de ce si beau soleil qui donne son éclat aux eaux des lacs. En fin de journée nous déposons Fabian dans la ville de Zadar où nous passons la soirée, car c’est ça un roadtrip, s’arrêter là où nous ne l’avions pas prévu, là où la vie nous conduit. Cette folle soirée nous a offert des belles rencontres, des sauts dévergondés dans le port de Zadar et une nuit blanche inoubliable ! 😊

On s’émerveille devant tant de découverte !

 

Chapitre IV : Une blessure qui ne se referme pas.

        D’un commun accord, nous décidons d’aller visiter Sarajevo, capitale de la Bosnie. Nous quittons donc Zadar pour nous rendre dans un camping situé en périphérie de Sarajevo. Cette fois-ci il est hors de question de faire du camping sauvage car nous avons pu apprendre qu’il restait encore beaucoup de mines et celles-ci continuent de faire leur lot de victime chaque année.

         Durant notre séjour à Sarajevo, ce qui m’a le plus interpelé est de voir cette ville pleine de vie et de charme côtoyer les vestiges de la guerre de Yougoslavie. Nous pouvions voir dans cette ville la jeunesse branchée fréquenter des bars à chicha et en tournant la tête, un bâtiment au bord de l’effondrement, criblé d’impacts de balles. A un moment, nous nous sommes posés dans un restaurant pour déjeuner (du Ćevapčići : plat traditionnel bosnien* composé de viande, pain, oignons et fromage) et écouter cette femme, la propriétaire du restaurant, nous raconter son histoire, comment elle avait vécu cette guerre pas si lointaine. Nous étions tels des enfants écoutant attentivement un témoignage poignant (en anglais car aucun d’entre nous ne parle bosnien !).

[L’histoire de cette guerre est bien trop longue et trop complexe pour être développée dans cet article mais vous pouvez trouver des résumés sur internet]

        De retour en Croatie nous nous rendons à Dubrovnik, ville fortifiée des plus touristiques. Cette ville n’en reste pas moins une très jolie ville où les bars à fleur de falaise nous offrent une vue à couper le souffle d’un coucher de soleil disparaissant derrière l’Adriatique. Le témoignage de cette femme à Sarajevo accompagne désormais chacune de nos visites. Nous entendons parler du bombardement de Dubrovnik pendant la guerre et de la retransmission de cet acte dans les médias. A travers ces rencontres je me rends compte que voyager sans prendre le temps de faire connaissance avec les personnes qui croisent notre chemin ferait perdre une certaine authenticité au voyage même.

        Nous avons trouvé en périphérie de Dubrovnik une petite crique avec un restaurant fermé. Il faut dire que nous sommes hors saison. Nous avons donc décidé d’accrocher nos hamacs sur la terrasse de ce restaurant (celle-ci était couverte et parsemée de poteaux, l’idéal). Ce lieu arrivé à point nommé et tellement paradisiaque fut rapidement baptisé le « paradise ». Nous y passerons la nuit après une soirée de jonglage pyrotechnique et de longues discussions sur la plage.

        Le lendemain, nous faisons route vers le Monténégro. En chemin nous faisons halte à Kotor (première ville du Monténégro que nous croisons, ville elle aussi fortifiée). Peu de temps après nous avons repris la route dans l’espoir d’accéder au parc naturel Skadarsko jezero. Difficile à trouver, ce n’est qu’après une nouvelle nuit blanche que nous y arrivons. Il est 6h du matin et seuls quelques uns d’entre nous aurons le courage, malgré la fatigue, d’aller visiter ce parc. Nous trouvons ensuite un accueillant bord de route pour poser nos hamacs et dormir un peu.

        Le fait que nous dormions à côté de panneaux criblés d’impacts de balles ne nous empêche pas de dormir, mais cette image à sur nous l’effet d’une piqure de rappel ; autre témoin de l’histoire de cette région d’Europe. Après une courte sieste et chassés par un homme empoignant une hachette dans la main droite, nous arrivons à Pétrovac où nous profiterons de douches avec vue sur la plage d’un coucher de soleil ainsi que des meilleurs mojitos jamais goûtés dans un bar à l’ambiance tamisée et écoutant le bruit des vagues venant se fracasser sur les rochers.

Les stigmates de la guerre transforment notre voyage et lui donnent plus de profondeur !

 

Analyse et conseils :

_ Organisation

7) Il est toujours possible de trouver de bons conseils sur internet qui vous aideront à mieux appréhender les conditions d’accueil de votre destination. Il faut cependant veiller à ne pas tout prendre au pied de la lettre car ces conseils peuvent vite devenir anxiogènes et vous dissuader de partir.

8) Ne pas tout prévoir dans un voyage permet de moins stresser à propos des échéances à respecter (réservations…) et de pouvoir se laisser vivre, au gré des rencontres et des bons plans que l’on ne découvre souvent que sur place grâce aux locaux.

_ Hébergement

9) Certains parkings, comme ce fut le cas à Venise, sont conçus pour recevoir des camping-cars. Il est donc possible, moyennant un prix de stationnement supérieur à celui d’un parking classique mais néanmoins très largement inférieur au prix d’un emplacement de camping, de séjourner en toute tranquillité près d’une grande ville comme Venise.

10) Si vous n’avez pas de douche avec vous (pour la petite histoire, nous avions une douche solaire chacun mais le sac les contenant a été jeté, sans doute confondu avec un sac poubelle !), il est possible, dans certains relais routiers, de prendre une douche ! 😊

_ Curiosités

11) A Skadarsko jezero, nous apprenons que beaucoup de gens au Monténégro pêche à la dynamite ou à l’électricité, deux pratiques dévastatrices pour l’environnement et pour les pêcheurs traditionnels se servant d’un canne ou d’un filet.

12) *bosnien : c’est comme cela que l’on appelle les habitants de Bosnie. Le terme bosniaque, que nous avons presque tous déjà entendu, fait référence aux bosniens musulmans.

13) C’est à la fois très instructif et émouvant d’écouter les histoires des habitants. Cela apporte une autre version à celles qui sont déjà connues, une version plus intimiste je dirai même !

Par | 2019-01-09T18:21:43+00:00 décembre 12th, 2018|Carnet de voyage|0 commentaire

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