Chapitre 1 : Genèse d’un projet.

Qui a eu cette idée folle ?

Tout est parti d’une idée, celle de faire le tour de l’Europe en van. Cette idée est apparue dans l’une des soirées que nous faisions souvent (entre jeunes comme on dit). C’est d’ailleurs grâce à ces soirées que nous sommes passés de l’état de simples collègues à celui d’amis.

Cette idée à priori folle, nous l’avons couvée, chacun de notre côté. Suite à cette soirée, nous en avons fait éclore l’un des premiers projets de nos vies. Au fil des discussions, nous avions tous fini par se projeter dans ce voyage et concrétisions ce projet par des questions auxquelles nous nous efforcions de trouver réponse :

« Quand partons nous exactement ? »                                                                               …

                                                                              « Quels pays allons-nous traverser ? »

                …                                                                                                                          « Et Bernie ? »

« Quelle est la monnaie et le taux de conversion de chaque pays ? »

                                                               …                            « Qui de nous parle correctement anglais ? »

« Et Bernie ? »                                                                                                 …

                               « Où allons nous dormir ? »

                …                                                                           « Quel budget prévoyons-nous ? »

                                                               « Et Bernie ? »                                                                  …

Le rêve prends forme…

Dans cette aventure, Bernie n’est pas une personne vivante mais un chien. Cependant, Bernie n’est pas n’importe quel chien. C’est d’abord un croisé de multiples races (berger malinois,..) adorable comme tout et très bien éduqué. Mais c’est aussi un symbole, le symbole d’un ami décédé l’année précédant ce voyage et recueilli par Ghislain. Alors inutile de dire que ce voyage ne pouvait pas se faire sans Bernie !

Pendant plusieurs mois nous avons rêvé de ce voyage. Nous parcourions du regard chacun des axes routier de la carte de l’Europe que nous avions acheté tout en s’imaginant ce que nous allions pouvoir voir en Hongrie, Bosnie, Albanie, Grèce, Pologne… et c’était très agréable d’y penser !

Cependant, comme tout jeune de mon âge, il m’a fallut parler de ce voyage à mes parents. La réaction de ma famille n’a pas été celle que j’espérais. J’ai du affronter à la fois les moqueries et les discours dissuasifs que l’on peut connaitre quand on décide de voyager. Discours souvent générés par l’ignorance, la peur et la jalousie de nos paires. Mais quand on est jeune, on a cette insouciance qui nous permet d’accomplir de grandes choses !

Départ prévu jeudi 16 septembre 2010 à 9H !

Chapitre 2 : Le grand départ !

Un timming parfait !

Aujourd’hui c’est le grand jour. Décidés et motivés, nous nous sommes tous donnés rendez-vous chez Niels. Nous disposons d’un van peint par un grapheur professionnel et selon les volontés des cinq propriétaires du van à savoir Ghislain, Julien, Yann, Sylvain et Niels.

Il est 9h, enfin presque car nous ne sommes jamais à l’heure autant les uns que les autres. Il est donc 11h30 lorsque tout le monde se retrouve réunis chez Niels. Après avoir bouclé les bagages dans le coffre et sur le toit du van,nous refaisons quelques courses pour le pique-nique du midi en n’oubliant pas des bombonnes de gaz pour la cuisson. Puis nous partons à la recherche de Bernie qui s’est éclipsé pendant que nous avions le dos tourné. Il est finalement 17h quand nous partons !

Les premiers kilomètres s’accompagnent de l’euphorie du début de voyage. Nous avalons les kilomètres, prenons un autostoppeur nommé Georges peu après Paris (nous le déposerons près de Lyon) et profitons de ses théories loufoques sur la vie… Mais également de son talent pour jouer de l’harmonica. Vers 3h du matin, nous nous arrêtons à l’orée d’un bois pour dormir. A ce moment là, il fait nuit noire et le temps est brumeux, humide et froid.

Première nuit en hamac…

Côté couchage, nous sommes tous équipé d’un hamac en toile de parachute, d’une moustiquaire, d’une bâche et de la corde pour assembler le tout. Cependant, Bernie dormant pas en hamac,  il a sa propre tente où bien souvent Ghislain dort aussi car Bernie n’aime pas être seul. Cette première nuit m’aura fait prendre conscience qu’un duvet résistant à 5°C n’est pas suffisant pour des nuits froides et parfois humides bien que la bâche me coupe du vent. Heureusement que nous avions pris en plus quelques couvertures. Mais même avec tout ça, dormir habillé deviendra une habitude ce mois-ci.

Nous passons la frontière italienne et avec elle, un paysage alpin émerge d’un brouillard épais et nous offre des pâturages fleuris, des marmotte aux aguets et des petits rus où nous nous arrêtons prendre un café et un bain de soleil.

Nous papillonnons toute la journée jusqu’à arriver au lac de garde (lago di garda en italien). Ce soir nous apprenons que trouver un emplacement pour dormir en hamac quand on a un van n’est pas chose facile. Après avoir songé dormir dans un champ d’olivier puis dans un parc naturel, nous finissons tant bien que mal atterrir sur un parking avec peu de passage à Montinel.

Il y a un principe mathématique (celui des suites arithmétiques et géométriques) dont le mécanisme peut être imagé de la manière suivant :

« Si nous arrivons à passer la première nuit de notre voyage et que nous arrivons également à passer d’une nuit à l’autre, alors nous pouvons voyager comme cela indéfiniment »

Voilà donc un début de voyage prometteur !

Analyses et conseils :

_ Organisation
  • Si vous voulez partir à l’heure et ne rien oublier, je vous conseille de faire un checklist de tout ce dont vous avez besoin, et de prévoir un maximum de choses avant le jour du départ. De cette manière, le jour J, vous n’aurez qu’à gérer les imprévus ! Cela vous évitera, comme nous, de partir à 17H au lieu de la fin de matinée.
  • Si vous ne prévoyez pas d’itinéraires précis, seulement quelques informations rudimentaires sur votre destination vous suffiront (taux de change, 2-3 mots de vocabulaire, conseils de sécurité,…)

 

_ Hébergement
  • Le triplé hamac-moustiquaire-bâche peut être pratique et adapté si vous souhaitez voyager léger. De plus, contrairement aux appréhensions que nous pouvons avoir, on dort très bien en hamac, même si vous avez l’habitude de dormir sur le côté ! Il faudra néanmoins prévoir une corde et quelques sardines pour maintenir la bâche. Côté sécurité, le mieux est d’avoir un véhicule où entreposer ses bagages pour ne pas les laisser dehors.
  • Les lieux pour faire du camping sauvage ne manquent pas ! il faut juste trouver un lieu qui ne soit ni trop privé (couvent des agents de sécurité veillent), ni trop public (là c’est la police qui veille).

 

_ Transport
  • Passer la frontière italienne par les cols vous feront, certes, perdre un peu de temps, mais vous éviteront les embouteillages du tunnel de Fréjus et vous offriront un paysage renversant dont vous pourrez profiter !
  • Si vous décidez de vous déplacer sans GPS, comme c’était notre cas, pensez à avoir une carte avec vous. Elle vous permettra de vous familiariser avec votre itinéraire et de toujours retrouver votre chemin. Voilà une bonne vieille méthode qui a fait ses preuves !