Chapitre 7 : Notre auberge espagnole.

Dernière ligne droite…

Nous entrons dans la dernière ligne droite. Dans une semaine exactement, notre voyage sera fini, nous reprendrons alors nos vies là où nous les avons laissés le 16 septembre dernier. Avec en plus des souvenirs plein la tête. En attendant, nous voici en route pour Cracovie en Pologne. Ce n’est pas la capitale comme nous nous sommes habitués à voir ces derniers jours, mais une grande ville sur notre passage qui nous permettra de jouir de la vie polonaise urbaine tout en ne nous éloignant pas de notre objectif … Auschwitz.

Il fait froid, même de jour, et la Pologne tend à nous le rappeler. Notre arrivée en Pologne se fait par un paysage montagneux et brumeux. Pique-nique au bord d’une rivière d’eau fraiche. Nouvelle panne du van nous obligeant à le pousser. Alors nous le faisons. Chargé de toutes nos affaires, et en côte… Heureusement que son caprice fut de courte durée ! Voilà comment s’est faite notre arrivée !

Arrivés à Cracovie…

Nous arrivons sur Cracovie en fin d’après midi. La nuit tombe déjà. Nous nous baladons dans le quartier juif de la ville, marqué par de nombreux signes religieux, pittoresque et original à la fois. Je ne sais pas si c’est l’approche de l’hiver, mais toute la ville semble anesthésiée par le froid. Il y a peu de personnes dans les rues, pour une grande ville c’est peu banal et au détour d’une rue justement…. Ghislain, Sylvain, Bernie et moi ne voyons plus le reste du groupe ! Nous faisons donc une pause dans un bar à goûter la vodka polonaise avec des hôtes fort sympathique. En fait je crois qu’il fallait se mettre au chaud dans un pub, café ou autre pour trouver l’hospitalité polonaise ! Nous retrouvons le groupe. La soirée se termine et la nuit en hamac toujours s’annonce TRES froide ! 😊

Nous pensions avoir dormi dans un bois, c’était en fait un parc public ! Un passant nous prévient que la police arrive, nous ne tardons pas à partir. Direction Auschwitz et son camp de concentration/extermination. Après toutes ces années de cours d’histoire au collège puis au lycée, nous ne pouvions pas passer à côté de l’occasion d’aller visite ce site historique. Je décide de faire mon entrée à Auschwitz en marchant sur l’ancienne voie de chemin de fer. Le regard portant sur l’entrée du camp, je ne peux imaginer ce que pouvaient ressentir toutes les personnes qui ont pu être amenées ici. Je me dirige volontairement vers l’enfer, pleinement conscient des activités qui ont lieu dans ce camp. Mais le pire dans tout cela, c’est qu’à l’époque, les personnes amenées à Auschwitz avaient encore l’espoir d’en ressortir vivant. Ce ne fut le cas que pour une minorité d’entre eux malheureusement.

Une visite silencieuse…

Le camp d’extermination a été bombardé, il n’en reste plus que des ruines. Malgré tout l’effort de reconstitution, difficile de s’imaginer les activités de l’époque. Cependant, dans l’autre partie d’Auschwitz, se trouve le camp de concentration qui lui, est resté intact. Une ambiance lourde et funeste imprègne les lieux. Les gens chuchotent et n’osent faire plus de bruit, nous pouvons voir à travers des vitrines, les cheveux, cartables ou chaussures confisquées aux juifs ; des photos d’époque d’expériences scientifiques réalisées sur eux… tout est en parfait état malgré les années qui défilent. Notre visite se termine comme elle s’est déroulée, en silence, sans que nous n’osions prendre de photos. Nous photographions quand même la porte d’entrée du camp avec cette célèbre phrase « Arbeit macht frei » : le travail rend libre.

Une soirée inoubliable !

Un nouveau jour s’annonce, plus léger que la veille. Nous faisons route pour Prague, capitale de la république tchèque. Epuisés par le froid qui ne cesse de nous harceler depuis presque une semaine, nous décidons de nous trouver une auberge de jeunesse, la première de tout notre voyage. Il a fallut en trouver une qui accepte Bernie bien évidement, et ce ne fut pas chose facile, il a fallut négocier ! Nous avons trouvé une auberge de jeunesse à 8€/nuit/personne, parfait !

Dans cette auberge, nous rencontrons toute une ribambelle de personnages. Il y a d’abord Morgan, un Américain, Messouni, un Suisse à vélo, Franco, un Argentin, Sini, une Finlandaise et Ugo, un paraguayen et seuls d’entre tous à parler français car il avait passé quelques temps à Paris pour se former à la cuisine française. Nous voilà maintenant une douzaine, tous prêts à passer une bonne soirée ! Nous nous installons d’abord dans un pub … Et c’est là que je me suis senti comme dans le film de Cédric CLAPICHE, l’auberge espagnole. Voir toutes ces nationalités réunies pour passer une agréable soirée faite de rires, de « tiens voilà Pinpin ! » et de vaches qui tâchent me ravit ! En cet instant, je ne pouvais pas me sentir plus heureux !

Deuxième acte à Berlin !

Le lendemain fut un peu chaotique, il faut dire que dans l’euphorie de la soirée, nous nous sommes couchés vers 7h du matin. Mais au moment de partir, nous provoquons l’occasion d’emporter avec nous un peu de cette auberge espagnole. Franco, l’argentin qui avait à peu près le même itinéraire que nous, a accepté de finir le road trip en notre compagnie. Nous roulons maintenant vers Berlin. En chemin, nous nous arrêtons manger sur un parking de supermarché puis dormir dans une forêt de sapin. Seuls Franco et Ghislain dormiront dans le van. Nous arrivons à Berlin en début d’après midi, nous baladons le long du mur historique de Berlin où de sublimes fresques nous interpellent, nous effraient et nous amusent ! Que de couleur autour de nous ! Arrivés à Alexanderplatz, nous prenons le temps de manger (à moins que ce ne soit notre petit déjeuner ?) : Flammekueche et  bière sont au menu ! Repus, nous retrouvons Morgan et Sini qui allaient eux à Berlin aussi mais avec leurs passe inter rail (très populaire chez ceux qui souhaitent voyager en Europe). Ils sont accompagnés de Cole, lui aussi américain.

Après une courte visite de la porte de Brandebourg illuminée de mille couleurs nous passons la soirée dans une rue à jongler, rire et discuter ! Vers 4h30 nous disons au revoir à toutes ces personnes avec qui nous avons passé cette très belle soirée. Personnes que nous ne reverrons peut-être jamais ! Mais c’est comme ça. Ghislain ayant dormi une partie de la soirée, il nous conduit jusqu’à Breda aux Pays-bas. Nous allons au camping d’Oosterhout, bon marché et confortable. C’est notre dernière étape avant le retour. Visite de la ville, de ses parcs et de son Burger King. Puis nous rentrons, je conduirai jusqu’à chez nous.

La fin d’un périple…

J’hébergerai Franco le soir de notre retour, et le lendemain, il continuera son voyage en direction de Paris. Jamais je n’oublierai ce voyage, il m’aura apporté tellement de chose que je pense qu’il transformera la personne que je suis, même si je ne m’en rends pas encore compte. C’est la première fois que j’entreprends un voyage à l’étranger sans ma famille ou du moins sans ma famille « génétique » et cela me conforte dans mes capacités à sortir des sentiers battus et à me débrouiller pour assurer mes besoins et mes attentes.

Analyses et conseils :

_ Hébergement

 20) En insistant un petit peu et avec un chien docile vous pourrez peut-être négocier l’accès de votre chien à l’auberge. Ca peut valoir le coup d’essayer !

21) S’envelopper dans une couverture de survie pour avoir plus chaud quand on dort en hamac est, à mon sens, une mauvaise idée. Le crépitement du froissement de la couverture chaque fois que vous bougez peut déranger vos compagnons et vous risquez de finir trempé au final car la couverture empêche l’évaporation de la chaleur que vous produisez entrainant condensation.

 

_ Transport

22) On n’y pense pas souvent mais lors d’une soirée, il faut penser que le conducteur qui ne boit pas doit également se coucher plus tôt s’il veut conduire en fin de soirée ou le lendemain (double peine !)

23) Le passe Inter rail est une solution à envisager si vous ne souhaitez pas partir avec votre véhicule ni en louer sur place SURTOUT si vous êtes en Europe (le réseau ferroviaire y est très développé)

 

_ Vie quotidienne

24) En voyage, il faut avoir le moins d’apriori possible, cela facilite la découverte et permet de ne pas rester sur une mauvaise impression (des fois que vous tombiez au mauvais moment) !

25) Les contacts que vous pouvez garder avec les personnes que vous rencontrez doivent être entretenus, sinon ils tombent dans l’oubli ! 😊