Pourquoi j’ai choisi de partir en excursion depuis Tupiza et non d’Uyuni ?

Tupiza et Uyuni sont deux villes distantes d’environ 200km l’une de l’autre. Elles proposent toutes les deux les mêmes tours dans le salar d’Uyuni et le sud Lipez. Mais Une chose de plus les distingues. En effet, à Uyuni, 80 agences de voyage proposent des excursions tandis qu’à Tupiza il en existe moins d’une dizaine. Par conséquent, ce ne sont pas jusqu’à 80 4x4 qui se suivent mais seulement jusqu’à 10 (environ) en partant de Tupiza. Ce sentiment d’être un privilégié et de côtoyer moins de touriste m’ont donc conduit à Tupiza pour débuter mon excursion.

J’ai trouvé l’agence de mon excursion un peu par hasard puisqu’elle n’était pas répertoriée sur Google maps. Nous nous baladions, mes amis et moi, dans les rues de Tupiza, à la recherche d’une agence pour notre excursion. Elles semblaient toutes fermées ou presque. Mais Gloria était présente. Elle est sortie de sa boutique et nous a invités à écouter ce qu’elle avait à nous proposer. Gloria a pris du temps pour tout nous expliquer en détail et répondre à nos questions. L’idée de passer 4 jours accompagnés d’une cuisinière et de petites attentions comme des collations ou bien l’adaptation des repas aux régimes de chacun nous à amené à penser que cette petite entreprise familiale ferait tout pour que nous passions un bon moment. C’est pour tout ça que nous avons choisi Apache advenures.

L’itinéraire de ces quatre jours.

ATTENTION, les prix indiqués sont ceux appliqués au 3ième trimestre 2019 et sont susceptibles de varier. Je vous les donnes à titre indicatifs.

JOUR  1 :

Dès notre sortie de Tupiza, le changement de décors est radical. Notre 4x4 s’enfonce sur des chemins de terre serpentant la quebrada de palala jusqu’à la silla. Nous voilà dans un canyon, désertique. Quelques photos puis nous continuons notre chemin.

Nous passons par Nasalenito, petit village dont l’économie est centrée sur l’élevage de lama. J’apprends alors, que le lama n’est pas seulement élevé pour sa laine, mais également pour sa viande. Au loin se trouvent des anciennes mines d’étain et d’argent devenu territoire des vicuñas. Les vicuñas ressemblent à s’y méprendre à des lamas. Mais ceux là, sont sauvages.

Encore un village, Cerillo, vivant de l’élevage de lama. C’est ici que nous déjeunons. Cependant, à ma grande surprise, Nelson et Betty, notre guide et notre cuisinière, ne mangent pas à notre table. Je me sens mal à l’aise. Nous voyageons ensemble, mais ne partageons pas nos repas.

Après le déjeuner, nous visitons la ciudad el encanto pour 10 bolivianos (certains sites sont payants et non inclus dans le tour). C’est là, au milieu de nulle part, sur ce chemin de terre, que se dresse une barrière avec une femme bravant les rafales de vent pour nous vendre les droits d’entrée. La ciudad el encanto ressemble à un château de sable géant sculpté à l’époque de la formation de la cordilière.

Bref, notre route continue à travers la cordiliera de los Lipez jusqu’à ce que nous arrivions au village fantôme de San Antonio de padua (15 bolivianos). Ce village a une triste histoire. Il est en ruine mais ne l’a pas toujours été. Autrefois, c’était le principal village minier de la région. L’exploitation des mines avait enrichi les habitants de San Antonio. Cette époque coloniale fit suite à une invasion de la région pas les colons, la réduction à l’esclavage des quechuas déjà en place et l’extinction de ces derniers. Bref, ce petit village surnommé le village du diable a vu un jour arriver une mystérieuse femme. Elle venait à première vu festoyer avec les habitants, mais l’histoire suggère que cette femme était porteuse de maladie car peu de temps après, San Antonio de padua ainsi que les autres petits villages allant tours voyaient leurs habitants décéder. Triste histoire, non ?

La journée se termine par notre entrée dans la réserve faunique Eduardo Avaro (150 bolivianos). C’est un peu plus loin après le poste de garde que nous dormirons. Le petit village de Quetena chico nous attend avec cinq couvertures pour la nuit. Pourquoi autant ? parce que les chambres sont mal isolées et qu’il fait jusqu’à -12°c la nuit.

JOUR 2 :

Nous avons très bien dormi, mais hors des couvertures, il fait très froid. Le soleil se lève sur les boffedales (sortes de marécages). Tout est gelé. Il est 8h du matin. Il faudra attendre la fin de la matinée pour revoir l’eau couler dans la vallée.

Nelson nous fait passer par plusieurs lagunes en espérant voir des flamands roses, mais ils ne sont pas là. Sur les trois espèces de flamands roses présentes dans la région, seule une reste en hiver. Les autres migrent. Les lagunes sont encore gelées de toute façon.

5000 mètres d’altitude. J’ai quelques mots de tête mais rien de grave comparé à mes amis. Cependant, j’éprouve la sensation gênante  de me sentir au bord de l’essoufflement en permanence.

Nous faisons halte à la laguna verde. L’eau est déjà bien verte. Mais elle peu le devenir encore plus en présence de vent. En effet, sous l’effet de ce dernier, les minéraux contenus dans la lagune s’agitent et vêtissent la lagune d’un vert émeraude incomparable. Il est en de même pour la laguna blanca. Après un bon repas et un bain dans les eaux thermales  de la laguna porques, nous reprenons la route en direction des geisers del sol de manana ainsi que le laguna colorada. Les geisers se trouvent dans le cratère d’un volcan. C’est un lieu à la fois majestueux et dangereux. Nelson nous apprends qu’une touriste imprudente est décédée il y a peu de temps. Nous suivons les pas de Nelson avec attention.

Après cela, direction la laguna colorada, une lagune colorée d’un rouge bordeaux impressionnant tout comme ses habitants… Des lamas et des flamands roses ! C’est d’ailleurs les microorganismes du lac, nourriture des flamands roses, qui leur donnent leur couleur ! Le soir, un nouveau délicieux repas de Betty nous attend ainsi qu’une bonne nuit de repos.

JOUR 3 :

Notre troisième jour commence par la visite de formations rocheuses anciennes. Elles se sont formées il y a des milliers d’années par des coulées de laves qui se sont ensuite érodées avec le temps. La première épouse la forme de la coupe du monde de football (la copa del mundo). La seconde, ressemble à s’y méprendre à un dromadaire qui se serait assis pour se reposer. Il est difficile de prendre correctement le dromadaire en photo car tout le monde veut monter dessus. Dommage !

Nous avançons ensuite vers la ciudad de Roma petrificada (la ville de Rome pétrifiée). Pourquoi Rome ? Je ne sais pas. Nous sommes ici dans un canyon dont la formation ressemble à une ville. Je m’imagine me promener dans une rue, et même grimper aux bâtiments !

Devinez quel sera notre prochaine étape ! … Une lagune. Cette fois-ci elle est noire. De plus, le vent souffle fort et nous glace le sang. Heureusement peu de temps après le soleil revient adoucir l’atmosphère. Nous prenons donc le temps d’une pause pour nous réchauffer. Plus tard, nous passerons par le canyon de l’anaconda, puis par le village d’enfance de Nelson et Betty. C’est là qu’ils se sont rencontrés pour la première fois.

Voila Julaca, petit village, perdu dans cette immensité, qui laisse en son centre passer le chemin de fer. Nous avons ici l’occasion de goûter des boissons locales (bières de cactus et à la feuille de coca). Mais celles-ci sont vendues, à mon sens, trop cher pour ce que c’est. Ce soir, nous dormons dans une auberge faite en sel du salar. De plus, Nelson nous a préparé une surprise : un apéritif qui accompagne un coucher de soleil en plein milieu du salar. Un instant magique où nous nous sentons privilégiés.

JOUR 4 :

Le dernier jour d’excursion commence très tôt. L’idée étant d’aller observer les étoiles puis le lever de soleil dans le salar, nous quittons l’auberge vers 4h30 du matin. Il fait horriblement froid, mais le spectacle en vaut la peine. Puis nous décidons d’aller voir le lever de soleil au sommet d’une sorte d’île dans le salar. Un espace sans sel, rocailleux et parsemé de cactus pouvant atteindre 10 mètres de hauteur parfois. L’accès à l’île est payant (30 bolivianos).

Ensuite, en descendant de l’île, Betty nous avait préparé un bon petit déjeuner. Ce matin, nous visiterons le premier hôtel de sel jamais construit dans la région, nous verrons le monument du Paris-Dakar 2016 et nous ferons surtout, une séance photo, conseillés par la créativité de Nelson.. Nous arrivons peu à peu à Uyuni.

Après le déjeuner, nous visitons le cimetière de train en périphérie de la ville. C’est là que se termine notre périple. Betty tiens à ce que nous lui écrivions un petit mot qu’elle affichera à la vitrine de leur boutique. Nous écoutons leurs derniers conseils pour la suite de notre voyage et les remercions. Pour résumer, cette aventure restera un très bon moment passé en leur compagnie.

La vie quotidienne de ces quatre jours avec nos deux quechuas Nelson et Betty.

Durant ces quatre jours, nous avons voyagé avec Nelson, notre guide, et Betty, notre cuisinière. Nelson et Betty sont mari et femme, mais également les propriétaires de l’agence de tourisme avec laquelle nous sommes partis. Je me souviens du premier jour, nous sommes partis tôt de notre auberge. Nous n’avions pas eu le temps de prendre un petit déjeuner mes amis et moi. Le sachant, Nelson et Betty nous ont offert le petit déjeuner, chez eux, histoire que nous ne partions pas le ventre vide. Bref, durant tout le séjour, nous avons pu bénéficier des conseils avisés de Nelson.

Tous les guides sont sensés disposer de conseils avisés. Mais la particularité de Nelson, c’est que, bien que ne sachant pas parler français, Nelson en connait quand même quelques mots. Ces mots m’ont été précieux car il s’agit de mot de vocabulaire « technique » (le nom des métaux exploités dans les mines par exemple). Ne connaissant pas ces mots en espagnol, j’ai pu, grâce à l’aide de Nelson, traduire correctement ce qu’il disait à mes amis.

Les petites attentions sont nombreuses avec Nelson et Betty et celles-ci contribuent à la convivialité et au bon déroulement de l’excursion. Il y a cependant un point important à prendre en considération. Il s’agit du prix de l’excursion. Oui, il est un peu plus élevé que ses autres concurrents (1250 bolivianos les 4 jours). Cependant, la qualité du service vous fera oublier  cet écart de prix. Faire travailler une petite entreprise familiale qui se plie en quatre pour vous faire passer un agréable moment vaut mieux, à mon sens,  que de n’être « qu’un client de plus » pour une grande agence qui aura tendance à uniformiser ses services au lieu de proposer des services individualisés comme l’agence de Nelson et Betty