Chapitre 5 : A l’autre bout du monde de l’Europe.

Un pays dépaysant…

Après le Monténégro, nous traversons maintenant l’Albanie. Ce pays n’a rien à voir avec tout ce que l’on a pu voir précédemment. Ici, les bidonvilles voient leurs enfants courir après notre van espérant un peu de nourriture ou toute chose que l’on daignerait leur donner. Par ailleurs, comme pour contraster avec les bidonvilles, des maisons d’un certain standing et une police très présente.

Nous sommes inquiets de voir que peu de conducteurs respectent le code de la route. Un scooter prend l’autoroute en sens inverse tandis qu’un passant nous tend un lapin. Un homme a pour véhicule une charrette tirée par son âne, un autre ne prend pas soin de s’arrêter au stop… L’Albanie étant un petit pays, nous n’avions pas réellement prévu de nous arrêter.  Mais nous sommes déjà en début d’après midi et nous n’avons pas encore mangé. Un restaurant au menu indéchiffrable (mais heureusement avec quelques images) en bord de mer fera l’affaire.

Nous profitons de cette halte pour faire quelques recherches. La première cause de mortalité en Albanie (du moins à l’époque où nous y étions) est la sécurité routière ! Ce n’est pas le bitume qui dira le contraire ! Lui qui se transforme soudainement en chemin de gravier parsemé de trous et de quatre véhicules côte à côte nous arrivant face ! Les habitants n’en restent pas moins accueillant.

Arrivée en Grèce…

Cette nuit nous passons la frontière grècque. Il ne fait que quelques degrés, les panneaux d’indication sont très rares et écrit en grec ! C’est alors que tous mes cours scientifiques de ma scolarité me sont revenus en mémoire pour m’aider à déchiffrer ces panneaux ! 😊 Bref, Nous finissons par arriver à Ioannina.

Le lendemain, nous décidons que dorénavant nous chercherons un endroit où dormir de jour. Cela nous permettra de ne plus errer une bonne partie de la nuit et de monter notre camp à la lumière du soleil. Cette nuit là, dans « ce grand canyon », se sont succédé bruissements de roches arpentant la colline et battements d’ailes de chauves-souris. Le reste de notre séjour en Grèce sera fait de chaleur.  Mais également d’une mer chaude (pour un mois d’octobre), d’une lessive faite au savon de Marseille aux douches publiques sous le regard des passants. Nous aurons aussi l’occasion de nous balader de nuit dans Athènes (visite de l’acropole,…). Il nous aura cependant fallu, à plusieurs reprises, pousser le van car son démarreur (ou une autre pièce, je ne m’y connais pas trop en mécanique) commençait à faiblir. Heureusement qu’il fini toujours par redémarrer !

Nous prenons conscience, en Grèce, d’être à l’apogée de notre périple. Et même si sept amis et Bernie se regardent en sachant bien que tout, à partir de cet instant, ne serait que le retour du voyage, ils savaient également que cette partie du voyage serait vécu aussi pleinement que la première partie si ce n’est plus encore ! « Alors vivons … On the road again ! »

Rentrons de l’autre bout de l’Europe !

Chapitre 6 : Le temps nous rattrape !

On accélère le rythme…

Il nous aura fallu une journée entière de route pour rallier Athènes à Skopje. Mais avec une bonne ambiance et du bon son, une journée, ça passe vite, comme le temps. Il ne nous reste plus que 11 jours de voyage. A Skopje nous nous régalons dans un restaurant pour trois fois rien. Puis nous dormons sur une aire de repos entourés de chiens errants. Au petit matin, ces chiens errants ont céder leur place à des enfants jouant et virevoltant autour de nos hamacs.

Nous remarquons que dans ces pays où les chiens errant sont très présents, les habitants ont peu de chien et voient d’un œil perplexe toute personne se baladant avec un chien. Inutile de vous dire qu’avec Bernie, nous ne sommes pas passés inaperçus ! Le centre ville de Skopje peut se voir de deux points de vue : il y a tout d’abord le centre ville touristique avec pubs, statues de bronze, voies piétonnes, magasins,… Et puis il y a le centre ville populaire avec souk et petits artisans orientaux.

En fin de journée, nous partons pour Belgrade (Beograd en serbe). En chemin, nous récupérons Berne (touriste allemand) avec qui nous passerons la nuit dans un camping gratuit à 40km de la frontière. Le lendemain, à notre arrivée à Beograd nous prenons le temps de nous balader. Le soir nous rencontrons un serbe (Aleksandar) et une canadienne (Gladys), qui s’étaient rencontrés sur le site couchsurfing. Nous passerons la soirée avec eux dans un bar peu connu des touristes et à la décoration atypique. Durant cette soirée, Aleksandar nous explique comment la guerre du Kosovo a débuté. C’est toujours intéressant d’écouter les versions de l’histoire de ceux qui l’ont vécu, les témoignages sont poignants  et on y apprend des choses que les médias occultent parfois.

Reconnexion avec l’actualité…

Nous avons eu, une fois durant notre voyage, l’occasion de prendre des nouvelles du monde. Car depuis le début nous sommes comme « déconnectés » de l’actualité. Grand bien nous fasse d’ailleurs ! C’est alors que la mère de Gislain nous a appris que le Danube (fleuve traversant la Hongrie, notre prochaine destination) est en proie à une catastrophe. En effet, peu de temps avant, la digue d’une usine de produit chimique a cédé, ce qui a déversé dans le Danube une coulée de boue rouge. Depuis, le pays déplore plusieurs malades, des disparus et pas loin de 10 morts ! Il nous faudra garder cette information en tête lorsque nous arriverons, mais cela ne semble toucher que l’ouest du pays.

Les nuits en hamac sont de plus en plus fraiches. Il faut dire qu’on est officiellement en automne depuis quelques jours maintenant. Et même nos vêtements, duvets, couvertures et couvertures de survie ne peuvent rivaliser avec un intérieur douillet.

Nous sommes maintenant en route pour Budapest capitale de la Hongrie. Rouler de jour et arriver de nuit est devenu notre habitude. Nous avons donc abandonné notre bonne résolution de trouver des endroits où dormir de jour. Rapidement, nous trouvons un restaurant où goûter un goulasch. En terrasse et en manteau de ski s’il vous plait ! 😊 Lors de cette soirée à Budapest, nous assisterons à un concert jazz dans un premier pub. Puis irons dans un second pub (le Panic pub) retrouver deux hongroises (Monika et Viviane) avec lesquelles Sylvain avait discuté au restaurant. Vers 4h du matin, nous sommes surpris par une personne venant faire le ménage dans le pub … le pub était ouvert 24h/24 !

Langage universel…

Nous trouvons péniblement un endroit où dormir, il fait nuit. Hélas, de nuit et avec une grande fatigue, nous ne réalisons pas où nous nous arrêtons. Le lendemain matin, nous nous faisons réveiller par la police qui nous ordonne de quitter la sortie poids lourd de l’aire d’autoroute sur laquelle nous nous sommes installés. Il paraitrait qu’on bloque le passage des camions, ce serait même d’ailleurs eux qui auraient appelé la police !

Je me rends compte à ce moment là que dans certaines situations le langage est universel. Il n’est alors pas utile de parler la même langue pour se faire comprendre. Un policier hongrois hurlant à mes oreilles et pointant la sortie d’une aire d’autoroute avec son bras n’a pas besoin de parler anglais ! 😊 Nous partons rapidement pour Vienne, en Autriche.

Les pays défilent tellement vite que les journées semblent interminables. Je ne saurais dire où je me trouvais il y a tout juste deux jours (en Serbie peut-être ?). Heureusement que mon carnet de voyage est là, tel une extension de ma mémoire défaillante qui subit en peu de temps, une quantité gigantesque de souvenirs à assimiler, la fatigue des courtes nuits et des longues heures passées dans le van, le froid enveloppant nos nuits…

L’automne est bien là….

En périphérie de Vienne, nous trouvons un camping. Ici, au moins, nous ne dérangerons personne et nous profiterons de douches chaudes. Vienne est une ville magnifique et très spacieuse (comparé aux rues parfois étroites de Paris). De larges trottoirs, d’immenses places et des bâtiments sublimement ornés pavent notre visite de la ville. Une jeune femme fait des bulles géantes sur une place, deux personnages en costume du XIX ième  siècle nous saluent, le froid nous accompagne désormais aussi le jour. Nous faisons halte dans un pub où nous passerons la soirée, écoutant un concert de rock/folk autrichien mêlant guitare, violoncelle et didgeridoo.

Le lendemain, nous partons pour Bratislava, capitale de la Slovaquie. C’est la première fois de tout le roadtrip que nous ne passons pas une demi-journée dans le van puisque Bratislava n’est située qu’à une heure de route de Vienne. En ville, nous croisons d’étranges statues de bronze, un peu comme si des passant s’étaient figés en mouvement. C’est très intrigant ! Bratislava donne l’impression d’être une ville « rangée », tout y est bien délimité, les terrasses des bars et cafés sont sur des estrades et ont toute des barrières formant ainsi des blocs… bref, rien à voir avec ce qu’on a pu voir jusque là ! Signe particulier des commerces à terrasses, elles ont toutes ou presque des petites couvertures polaires sur chacune des chaises. Quelle délicate attention !

Petit bilan…

Nous avons bien roulé depuis la Grèce. Le fait d’avoir une date de retour nous coûte cher. Ces derniers jours, nous n’avons visité que les capitales européennes situées sur notre chemin. Impossible de nous arrêter plus longtemps, je trouve cela dommage ! Mais je me dis que ce roadtrip n’existe pas seulement pour nous en mettre plein les yeux, mais également pour nous permettre d’expérimenter la vie, la vie en petit groupe, l’autonomie dans un pays étranger, la solidarité, l’écoute et l’entraide dont nous avons du faire preuve, loin de notre France natale, et cela est tout aussi valorisant que les paysages croisés en route.

Même si le temps nous rattrape, au lieu de le fuir, prenons-le !

Analyses et conseils :

_ Organisation

14) En voyage, il faut savoir trouver le juste milieu. Si vous prévoyez un trop grand itinéraire, vous risquez de ne pas profiter de ce que vous voyez et d’être sans cesse pressé par le temps. Au contraire, si vous ne prévoyez pas votre itinéraire, vous pouvez tout aussi bien passer à côté de choses qui vous auraient beaucoup plu.

15) Remplir un carnet de voyage devient presque essentiel pour ne rien oublier de ce que ‘on vit. Encore faut-il se discipliner et l’écrire plus que régulièrement sinon, on oublie. Ce qui m’arrive souvent c’est de ne pas écrire le dernier jour car il y a le voyage retour, et la vie reprend son cour, alors j’oublie.

 

_ Vie quotidienne

16) Si vous voyagez avec un chien, il est important qu’il soit à jour dans ces vaccins, car il n’est pas impossible qu’il puisse tomber nez à nez avec un chien errant qui pourrait être porteur de maladie. De plus certains pays rendent obligatoire certains vaccins voir même une période de quarantaine !

17) Un coup d’œil sur les températures normales de saison peut vous aider à anticiper les vêtements à apporter pour supporter le chaud ou le froid. Il ne faut pas négliger cela ! 😊

 

_ Hébergement

18) Dormir n’importe où est une liberté mais le prix à payer est bien souvent de se faire réveiller par un propriétaire ou un agent de police parce qu’on gène le passage. Il faut savoir apprécier les bienfaits d’un camping de temps en temps !

19) La moustiquaire du hamac se troue facilement. Il faut penser à vérifier régulièrement sa moustiquaire et la recoudre avec un kit de couture sinon… gare aux moustiques !